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Direction : Laurence Serra (Arkaeos/LA3M)
COH : Jean-Luc Verdier (Arkaeos), Marine Jaouen (MCC-DRASSM)
Photographe : Philippe Groscaux (CNRS-LA3M)
Assistants d’opération et intervenants de terrain : Charles Arnulf (Arkaeos), Yves Billaud (MCC-DRASSM), Gaëlle Dieulefet (LA3M), Sandra Greck (Arkaeos), Fabrice Laurent (Arkaeos)

DRASSM (Ministère de la Culture et de la Communication)
LA3M (Laboratoire d’Archéologie Médiévale en Méditerranée)
DRAC Martinique (Ministère de la Culture et de la Communication)
AIHP- GEODE (Université Antilles Guyane)
Observatoire volcanologique et sismologique de la Martinique

 Article de France-Antilles du 09/04/2010
 Journée du DRASSM 26/03/2011
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Cl. P. Groscaux/LA3M

Carte postale ancienne
Collection LA3M

Carte postale ancienne
Collection LA3M

Poêlon vernissé à queue et à bec verseur retrouvé en empilement
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Fragment de marmite droite vernissée à lèvre carrée et à anse digitée
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Détail d’un col de dame-jeanne en verre noir à cordon estampé "M St-Omer" encore bouchée de liège
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Fragment de marmite droite estampée. Timbre façonné en cursive, ouvrage d’un petit fabriquant imitant à l’évidence les tampons à l’étoile de Vallauris
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Fragments de tians de différentes tailles retrouvés empilés en secteur A4
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Carte postale ancienne
Coll. ANOM

Catalogue Marius Decroix – Manufacture de faïences et poteries d’Aubagne, non daté

Petite carafe de production locale semblable aux formes présentées par les cartes postales anciennes et copiées des modèles provençaux importés
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Pot à mélasse de production locale semblable aux formes présentées par les cartes postales anciennes et copiées des modèles provençaux importés
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Plomb de douanes des tabacs
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Napoléon en cuivre
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Plan général des fouilles, sondages et prospections à l’emplacement du mouillage historique

Accumulation de marmites et blocs de granit (lest ?) en secteur 2
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Dégagement du secteur 6 confié aux plongeurs stagiaires martiniquais
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Dégagement d’un pot en grès en secteur A4
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Relevé stratigraphique du secteur 4
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Présentation publique organisée par la Mairie de Saint-Pierre en présence de M. le Maire et d’Albert Falco
Photo P. Groscaux, LA3M/CNRS

Rade de Saint Pierre : dépotoir Gouyer

2010-2012 - Période moderne - Martinique

Saint Pierre, capitale de la Martinique jusqu’en 1902, est détruite par l’irruption volcanique de la Montagne Pelée qui fait plus de 30 000 morts et ensevelit le port. Les premiers colons de Martinique s’installent dans la baie dès 1635 et, de là, partent à la conquête du reste de l’île. La ville se développe grâce à l’industrie sucrière et au commerce des esclaves. Le port attire alors des navires et des marchands de toute la métropole et notamment de Provence. Surnommée au XIXe siècle le Petit Paris, la ville est alors le chef-lieu mais aussi la capitale économique et culturelle de toutes les Antilles.

L’opération d’archéologie sous-marine effectuée entre 2010 et 2012 a été pratiquée dans le secteur du mouillage de la Rade de Saint-Pierre, face à la place Bertin et à son ponton, sur la façade maritime est de l’île, côté mer caraïbe. Cette opération fait suite à des sondages réalisés en 2011 sur le même secteur appelé Doban et à d’autres sondages effectués en 2010 à une soixantaine de mètres plus au Sud dans une zone appelée Gouyer.
Ce secteur correspond à l’une des place de l’ancienne zone de mouillage qui fut soumise à des échanges maritimes importants avec les ports de France et ceux de l’Europe dans une période qui se situe entre 1620 (début de la colonisation par le royaume de France) et 1902 (date de l’éruption volcanique de la Montagne Pelée).
Le déroulement de l’opération est prise en charge par Arkaeos en étroite collaboration avec le LA3M, le DRASSM et la DRAC Martinique. Ces sondages sont programmés dans le cadre d’un ensemble d’opérations du PCRI Poteries des îles françaises locales ou importées sous la direction d’Henri Amouric.

La visée de l’opération est double : d’une part, contribuer au PCRI Poteries des îles françaises locales ou importées en raison de la nature du gisement, c’est-à-dire un dépotoir qui concentre un lot important de mobiliers archéologiques susceptibles de nourrir la recherche, et, d’autre part, tenter de comprendre par l’observations des dépôts la dynamique des fonds de cette zone de mouillage depuis le XVIIe siècle, date de la colonisation.

Sur le plan historique, ces découvertes intéressent directement la connaissance des cultures matérielles des colonies françaises d’Amérique et en particulier celle des petites Antilles. A travers ce programme de recherche sous-marine, se développent des problématiques et des perspectives archéologiques nouvelles concernant ces régions d’Amérique où, du moins pour la période coloniale moderne.

Sur le plan local, l’opération a pour objectif de développer l’archéologie sous-marine en Martinique en formant des plongeurs professionnels bénévoles aux techniques de fouille ainsi qu’à la législation régissant les biens publics maritimes.

Sur le plan archéologique, on distingue dans les sondages les plus riches en mobilier trois ensembles : l’ensemble supérieur homogène, compact, daté des années 1830-1860, à forte proportion de céramiques vernies provençales, puis l’ensemble intermédiaire moins compact daté des années 1820-1830, enfin, l’ensemble inférieur moins riche en mobilier mais remarquable par ses provenances plus diversifiées : pipes en terre de Hollande, bouteilles de vin anglaises, bouteilles de gin hollandaises datées de 1780-1810…

Sur le plan géologique, la collaboration avec l’équipe scientifique de l’OVSM/IPGP Observatoire volcanologique et sismologique de la Martinique/Institut de Physique du globe de Paris, a permis d’appréhender la dynamique des fonds sédimentaires de ce dépotoir, notamment l’absence en milieu sous-marin de traces sédimentologiques de l’éruption volcanique de 1902 ainsi que l’interprétation d’une sédimentation importante composée de blocs de granite et de galets de silex limitant l’arc chronologique à environ 80 ans sur un sondage profond de 2 m.

Les résultats obtenus au cours de ces trois années ont permis de préciser la nature et la chronologie de ce site. Il s’agit d’un dépotoir portuaire situé dans l’ancienne zone de mouillage remarquable par son effet de délestage. Dans les sondages, les couches stratigraphiques se superposent de façon diachronique selon une chronologie qui s’étend, en l’état actuel de la recherche, entre 1860 et 1780. Une chronologie plus ancienne fait défaut.