Direction : Laurence Serra (Arkaeos)
COH : Marine Jaouen (MCC-DRASSM)
Photographe : Philippe Groscaux (CNRS - LAMM)
Assistants d’opération : Charles Arnulf, Sandra Greck, Jean-Luc Verdier (Arkaeos)
DRASSM (Ministère de la Culture et de la Communication)
LAMM (Laboratoire d’Archéologie Médiévale Méditerranéenne
DRAC PACA (Ministère de la Culture et de la Communication)
 Article de France-Antilles du 09/04/2010

Site Gouyer

2010 - Période moderne - Martinique

L’opération Gouyer se déroulera dans la baie de Saint-Pierre en Martinique. Saint Pierre, capitale jusqu’en 1902, est détruite par l’irruption volcanique de la montagne pelée qui fait plus de 30 000 morts et ensevelit le port.

Les premiers colons de Martinique s’installent dans la baie dès 1635 et de là, partent à la conquête du reste de l’île. La ville se développe grâce à l’industrie sucrière et au commerce des esclaves. Le port attire alors des navires et marchands de toute la métropole et notamment de Provence. Surnommée le Petit Paris, le Paris des Isles, la Perle des Antilles ou encore la Venise tropicale, la ville est alors le chef-lieu mais aussi la capitale économique et culturelle de toutes les Antilles.

L’opération d’archéologie sous-marine, prévue en mars 2010, sera mise en oeuvre par Arkaeos, en étroite collaboration avec le DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines). Le gisement situé à l’extrémité du ponton de la Quincaillerie Gouyer se présente comme un tumulus de céramiques - grands carreaux épais, tomettes à surface vernissée, tuiles mécaniques, marmites, poêlons et jattes - entre 8 et 12 m de profondeur, se détachant du fond de sable. Ces vestiges semblent constituer un important témoignage des échanges maritimes en mer caraïbe du XVIIe au XXe siècle. Les hypothèses les plus vraisemblables renvoient à l’un ou l’autre des évènements dramatiques qui marquent la vie de Saint-Pierre au tournant du XIXe et du XXe siècle : soit l’ouragan terriblement destructeur de 1891 ou l’éruption de 1902. Selon Michel Météry, inventeur du site, il pourrait s’agir des restes d’une barge de débarquement des goélettes qui mouillaient en eau profonde, dont certaines vues contemporaines montrent le déchargement.

L’opération sous-marine entre dans le cadre dans un PCR « Poteries des îles françaises d’Amérique ». Cette étude s’inscrit dans une première collaboration scientifique entre le ministère de la Culture et de la Communication (DRASSM et DRAC Martinique), le Laboratoire d’archéologie médiévale méditerranéenne (LAMM/UMR6572) et l’association Arkaeos.

Le matériel prélevé, après restauration, sera présenté lors d’une exposition, prévue sur place en 2011 au côté de celui issu de la fouille terrestre des niveaux de Saint-Pierre scellés par l’éruption de la Montagne Pelée, dont l’étude par les chercheurs du LAMM est en cours d’achèvement.