
Journée du DRASSM 2010
C’est dans le cadre du projet d’Atlas PALM qu’une opération de prospection archéologique sous-marine s’est déroulée sur la côte orientale du Cap d’Antibes. Afin d’enrichir l’outil de valorisation des biens culturels maritimes de la région PACA mis en œuvre par Arkaeos, elle avait pour objectif principal de contribuer à l’acquisition, la vérification, la diffusion et la valorisation de ces biens. La géographie particulière de la péninsule antiboise, formée d’avancées rocheuses découpées et exposées aux vents du large, en fait un cap difficile à franchir qui fut, de tout temps, propice aux naufrages. De fait, Antibes jouit de la présence de nombreux gisements sous-marins d’époques variées, témoins du commerce maritime de la région, dont la documentation date essentiellement des années 1960 à 1980. Le manque de renouvellement des données d’archives justifiait un retour sur le terrain par l’expertise et la mise en place d’une prospection systématique qui a couvert 5 hectares autour de l’îlot de la Grenille, de la Pointe Bacon, de la Pointe de la Garoupe et de l’écueil de La Love. L’opération a contribué à actualiser nos connaissances sur les sites de La love, célèbre épave chargée d’amphores étrusques datées des années 560-525 av. J.-C., des plus anciennes du littoral provençal ; Grande Grenille 1, épave romaine chargée d’amphores Dr 1A datée de 150-70 av. J.-C ; Cap Gros A, épave romaine du 1er s. av. J.-C. chargée d’amphores Dr 1B/C (fournies par A. et J. P. Joncheray, auteur de la fouille dans les années 1980). La prospection et les sondages effectués à la pointe de la Garoupe ont permis de confirmer la présence de deux épaves. L’épave Garoupe A était chargée de grands dolia et de doliola accompagnés d’amphores Dressel 2-4 à pâte dite campanienne dont l’étude des fragments, toujours remarquables sur le site, est venue préciser la date du naufrage au premier quart du Ier siècle ap. J.-C. L’étude des fragments d’amphores Dressel 20 découverts au même endroit a conduit à définir la présence d’une deuxième épave, Garoupe C, et à revoir la datation proposée jusqu’à présent au milieu du IIe siècle ap. J.-C.
Texte : Sandra Greck. Photo : Christine Durand.